Pourquoi révéler les angles morts de votre transformation ?

Dernière mise à jour : il y a 3 jours

La Centrale a réalisé un article sur l'excellence opérationnelle dans leur revue. Retrouvez-en l'extrait !




Dans la conduite de la transformation des organisations, une asymétrie existe entre l’intention et la réalisation des projets de changement. Une des causes majeures réside dans le fait que les processus de décision ne sont que partiellement alimentés par le réel vécu sur le terrain. Les cofondateurs de ré&el, Alexandre Fidanza (ECP 84), Christophe Collette et Jean-Paul Piacentino, expliquent comment réussir durablement une transformation systémique, en prenant en compte les angles morts du système managérial.


Pourquoi avoir décidé de créer Ré&el ? Depuis 15 ans, nous avons accompagné une multitude d’entreprises dans la mise en place d’un système d’excellence opérationnelle. Nous pensons que les entreprises doivent franchir un nouveau palier dans leur capacité à s’adapter et à progresser. En effet, les forces exogènes des organisations liées à leurs écosystèmes croissent en intensité et changent de plus en plus vite : innovations de rupture, crises sanitaires, environnementales et réglementaires, nouveaux entrants, nouvelles alliances... De plus, beaucoup d’organisations sont en perte de sens. Le nouvel enjeu des organisations est désormais de passer d’une aptitude à l’amélioration continue à celle du changement continu, ce que nous appelons la transformabilité. Notons également que le chemin de la transformation nécessite de mettre la dimension humaine au cœur de l’organisation.

Ne pas dénier le réel revient à voir la vérité en face... Une étude menée par Sydney Yoshida a montré que 87 % des problèmes récurrents ne remontent pas au bon niveau. Une autre étude effectuée en 2018 par David Autissier a montré que :

  • le nombre de projets de changement a été multiplié par 3 en 20ans;

  • la moyenne des temps de réalisation des projets de changement est passée de 24 mois à 12 mois ;

  • 50 % des projets échouent ;

  • pour 60 % des salariés, les projets s’empilent sans ancrage ;

  • 61 % des salariés attendent plus d’accompagnement dans les changements. Ces situations ont pour conséquence des pertes d’énergie, de motivation, de sens, d’efficacité et de performance des organisations.

Votre méthodologie permet d’accélérer les transformations et d’aligner les équipes pour plus de performance. Comment cela se traduit-il concrètement ? La démarche proposée par ré&el repose sur une conduite de transformation s’appliquant à 3 catégories de situations de changement : la rupture (approche projet), l’évolution continue (approche adaptation au quotidien) et la crise. En s’inspirant de résultats de recherches récentes, Ré&el a développé une nouvelle méthode de conduite de la transformation consis- tant en un cycle de cinq étapes. À l’instar du PDCA de l’excellence opérationnelle, cette roue de la transformation est applicable à tous les niveaux de l’entreprise. Chacune des étapes fait d’ailleurs appel à des outils terrains originaux facilitant la révélation du réel (défaillances de processus de décision, orthodoxies managériales, postures des managers), priorisation des changements de rupture et mise en œuvre de mécanismes d’adaptabilité au quotidien. Le Codir est accompagné dans les différentes étapes de la roue de la transformation. Nous aidons aussi les équipes à bien comprendre leur rôle, à transposer ce pilotage sur le terrain et à rendre les collectifs plus agiles.

Quelle est votre analyse de la situation de crise dans laquelle nous sommes et ce que vous proposez pour rebondir ? La crise de la Covid-19 a fait prendre conscience aux entreprises de leur vulnérabilité. Elle a révélé un besoin de remise en question et de transformation. Cela a rendu caducs un certain nombre de stratégies, de business models et de business plans. Ces organisations ont en effet compris qu’elles avaient de nombreux processus de décision qui n’étaient pas adaptés à ce genre de crise. Dans le domaine sanitaire, par exemple, la carence de gouvernance pour aligner à la fois des entités publiques et les entités privées n’a pas bien fonctionné. La nécessité de piloter avec le réel s’avère donc encore plus importante qu’avant.


1 vue0 commentaire